Vous avez peut-être déjà croisé le mot « Gestalt » sans trop savoir ce qu’il recouvre. Il vient de l’allemand et signifie à peu près « forme » ou « configuration ». Il exprime une idée simple : l’être humain forme un tout, dans lequel ce que nous pensons, ressentons et faisons est relié.
La Gestalt-thérapie s’intéresse moins au « pourquoi » de nos difficultés qu’au « comment » : comment je m’y prends, ici, aujourd’hui, dans ma relation aux autres et à mon environnement. En tant que praticienne en psychothérapie Gestalt, je vous propose un tour d’horizon simple de cette approche : d’où elle vient, sur quoi elle repose et à qui elle s’adresse.
Aux origines de la Gestalt-thérapie
La Gestalt-thérapie est née aux États-Unis au tournant des années 1950. Elle doit beaucoup à un couple d’origine allemande, Fritz et Laura Perls. Formé à la psychanalyse, Fritz Perls s’en est progressivement éloigné pour développer une approche plus centrée sur l’expérience vécue.
Laura Perls, nourrie de psychologie de la forme et de philosophie, a largement contribué à donner à la Gestalt sa dimension relationnelle. Son rôle de cofondatrice est aujourd’hui pleinement reconnu.
En 1951 paraît à New York l’ouvrage fondateur, Gestalt Therapy, cosigné par Fritz Perls, Ralph Hefferline et Paul Goodman. Écrivain et penseur, Paul Goodman a rédigé une grande partie de la partie théorique du livre. L’année suivante, le premier institut de Gestalt-thérapie voit le jour à New York.
L’approche s’inscrit dans le courant de la psychologie humaniste. Elle puise aussi dans la phénoménologie, l’existentialisme et la psychologie de la forme. Elle s’est ensuite diffusée en Europe, et notamment en France.
Les grands principes de l’approche
L’ici et maintenant
La Gestalt porte une attention particulière à ce qui se passe dans le moment présent. Cela ne veut pas dire que le passé est ignoré : il est accueilli tel qu’il se manifeste aujourd’hui, dans vos émotions, vos sensations, vos façons de réagir. Un souvenir évoqué en séance devient ainsi une expérience vivante, que l’on peut explorer ensemble.
L’awareness, ou prise de conscience
Le mot anglais awareness désigne une conscience globale de soi : ce que je pense, mais aussi ce que je ressens dans mon corps, ce que j’éprouve, ce que je perçois autour de moi. Cette attention fine permet souvent de repérer des automatismes passés inaperçus. Et ce que l’on perçoit plus clairement, on peut commencer à le choisir.
Le contact
Pour la Gestalt, nous existons dans la relation : avec les autres, avec notre environnement, avec nous-mêmes. Le contact est ce point de rencontre. La manière dont nous allons vers ce dont nous avons besoin, ou dont nous nous en empêchons, dit beaucoup de nous. J’y consacre d’ailleurs un article à part entière, sur le cycle du contact.
La responsabilité
Être responsable, en Gestalt, ce n’est pas être coupable. C’est reconnaître que je participe à ce que je vis, et que j’ai donc une marge de liberté dans la façon dont je réponds aux situations. Cette posture redonne souvent de l’élan : on passe du « ça m’arrive » au « qu’est-ce que je fais de ce qui m’arrive ? ».
Une approche de l’expérience et de la relation
La Gestalt ne se limite pas à la parole. Elle propose parfois de petites expérimentations : mettre en mots ce qui se passe dans le corps, prêter attention à un geste, s’adresser à une personne absente, essayer une autre façon de dire les choses. Rien n’est imposé : chaque proposition se fait avec votre accord et à votre rythme.
Ces expériences permettent de découvrir, de l’intérieur, d’autres manières d’être et de faire. On ne se contente pas de comprendre : on éprouve.
La relation thérapeutique est au cœur de ce travail. La praticienne n’est pas une experte qui saurait mieux que vous ce qui est bon pour vous. Elle est présente, engagée, attentive à ce qui se joue entre vous deux, car c’est souvent là que se rejouent nos façons d’entrer en relation.
Dans mon cabinet, je veille à ce que chacun puisse avancer à son rythme, dans un cadre bienveillant et confidentiel. Vous pouvez découvrir comment se déroule concrètement une rencontre sur la page Bienvenue dans une séance.
Pour qui, et pour quelles demandes ?
La Gestalt-thérapie s’adresse aux adultes qui souhaitent mieux se comprendre et faire évoluer leur façon de vivre. Les demandes sont très variées, par exemple :
- une anxiété diffuse, un stress qui prend trop de place ;
- des difficultés relationnelles, au travail, en couple ou en famille ;
- un manque de confiance en soi, du mal à poser ses limites ;
- une période de transition ou de remise en question ;
- une émotion difficile à vivre : colère, tristesse, sentiment de vide ;
- l’envie, tout simplement, de mieux se connaître.
Il n’est pas nécessaire d’avoir un « problème » bien défini pour commencer. Souvent, la demande se précise au fil des séances. Ce qui compte, c’est votre envie d’aller à la rencontre de vous-même.
En conclusion
La Gestalt-thérapie invite à porter un regard curieux et bienveillant sur la manière dont vous vivez votre vie, ici et maintenant. Il ne s’agit pas de vous juger ni de vous changer de l’extérieur, mais de vous aider à faire des choix plus ajustés, plus fidèles à ce que vous êtes.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire la page Vivre la Gestalt. Et si vous sentez que le moment est venu d’en parler, je serai heureuse de vous accueillir : prendre rendez-vous.


